Honfleur est avantageusement située sur l'estuaire de la Seine, au pied de la Côte de Grâce dans le département du Calvados. Ville touristique importante de la Normandie, Honfleur se distingue par son vieux bassin créé par Duquesne au XVe siècle. Les maisons qui l'entourent forment un ensemble architectural remarquable et bien conservé.
La lieutenance, à l'embouchure du vieux bassin, vestige d'une ancienne demeure du XVIe siècle, affiche une plaque commémorative qui rappelle aux visiteurs le départ de Samuel de Champlain pour fonder Québec en 1608. C'est également de Honfleur que partit le sieur Cavelier de LaSalle pour explorer la Louisiane.
Parmi les nombreux attraits de la ville, mentionnons l'église Sainte-Catherine avec son clocher en bois, isolé du bâtiment principal, les nombreux musées dont celui du sel qui illustre l'importance de ce condiment pour la conservation des aliments au siècle dernier. L'église Saint-Léonard, construite en 1760, et les jardins publics font de Honfleur une ville d'art où les peintres de toutes les écoles ont immortalisées les beautés de la cité du Moyen Age. Les rues anciennes ont gardé tout le charme du XVIIe siècle avec leurs maisons typiques dont plusieurs anciennes demeures d'armateurs prestigieux.
Honfleur ainsi que Saint-Malo et LaRochelle sont devenus, au fil des ans, des lieux de pèlerinage pour les Québécois qui désirent retracer leurs ancêtres. La ville, dont la population actuelle atteint 10 000 habitants, a joué un rôle important dans l'histoire de la colonisation française au Canada. Au moins dix-huit Honfleurois ont émigré vers la vallée laurentienne au cours du Régime français. A cette époque,Honfleur comptait quatre paroisses: Sainte-Catherine, Saint-Étienne, Notre-Dame et Saint-Léonard. Ces cures faisaient alors partie de l'évêché de Lisieux et de l 'archevêché de Rouen.
Originaires de Honfleur, l'histoire retiendra les noms des ancêtres Berthelot, Guérard, Leblond et Vanier dont la descendance s'est perpétuée jusqu'à nos jours.Les ancêtre honfleurois
né en 1636, originaire de la paroisse Sainte-Catherine, de l'union d'André Leloutre et de Rachel Berthelot. Il arrive au pays en 1656, puis s'établit dans la seigneurie de Côte de Beaupré comme agriculteur. A Québec, le 26 janvier 1659, Olivier Berthelot épouse Marie Gagné, née en 1644, fille de Louis Gagné et de Marie Michel. Le 25 janvier 1659, les époux avaient paraphé leur contrat de mariage devant le notaire Claude Aubert. Onze enfants naissent de cette union entre 1662 et 1687, tous à Sainte-Anne-de-Beaupré. Agriculteur, puis matelot, Olivier Berthelot décède à Sainte-Anne de Beaupré le 3 novembre 1687 à l'âge de 54 ans. L'inventaire des biens de la communauté fut dressé par le notaire Étienne Jacob le 11 novembre 1687. Marie Gagné, épouse en seconde noces, Jacques Abelin en 1690. Elle décède à Sainte-Anne-de-Beaupré le 18 novembre 1717.Martin Guérard ou Legrapt
est né le 11 septembre 1633, baptisé dans la paroisse Saint-Léonard de Honfleur, de l'union de Guillaume Guérard et de Rachel Brenen. Il arrive au Canada en 1658 probablement comme engagé de trente-six mois. Il est confirmé à Château-Richer le 2 février 1660 par Mgr de Laval. Martin Guérard acquiert une terre dans la seigneurie de Beaupré le 28 novembre 1660. Ce n'est que le 24 octobre 1667 qu'il épouse à Québec, Marie Bouat, née en 1651, à Rouen en Normandie, fille de Charles Bouat et d'Anne Lemieux. Leur contrat de mariage avait été rédigé par le notaire Gilles Rageot le 23 octobre 1667. Ce contrat fait suite à celui annulé avec Françoise Herbert devant le notaire Romain Becquet le 18 octobre 1667. Charles, leur fils unique, naît de cette union en 1673 à Beaupré. Martin Guérard connut une fin tragiqueà l'âge de 43 ans. Il fut trouvé noyé sur la grève le 13 avril 1676. Son inhumation eut lieu le 19 avril 1676 dans le cimetière de la paroisse de Sainte-Famille de l'Ile d'Orléans. Sa veuve épouse en seconde noces Nicolas Groignier en 1676. La banque de données notariales d'Archiv-Histo compte au moins douze actes concernant ce pionnier d'origine normande.Nicolas Leblond
est né en 1637, originaire de la paroisse Notre-Dame de Honfleur, de l'union de Jacques Leblond et de Françoise de Noyan. Il arrive en Nouvelle-France en 1654 puis obtient une terre sur l'Ile d'Orléans le 12 février 1655. Le 2 février 1660, il est confirmé par Mgr de Laval à Château-Richer. Dans la même paroisse, le 13 octobre 166l, Nicolas Leblond épouse Marguerite Leclerc, baptisée à Dieppe le 12 février 1640, fille de Jean Leclerc et de Perrette Brunel. Le notaire Claude Aubert avait rédigé leur contrat de mariage le 11 septembre 1661. Au moins dix enfants naissent de cette union entre 1662 et 1676. Nicolas Leblond, agriculteur, décède à l'Hôtel-Dieu de Québec en septembre 1677 comme l'indique le l'inventaire après décès rédigé par le notaire Paul Vachon le 23 février 1679. En 1678, Marguerite Leclerc convolla en secondes noces avec Jean Rabourin. On retrouve une excellente biographie de cet ancêtre dans le volume onze de la série "Nos ancêtres".
Notre dernier ancêtre originaire de Honfleur est Guillaume Vanier dit Lafortune. Originaire de la paroisse Sainte-Catherine, il voit le jour en 1645 de l'union de Pierre Vanier et de Jacqueline Gaillard. Arrivée en Nouvelle-France comme chandelier en 1668, il séjourne à Montréal où il est confirmé le 11 mai 1668. Peu de temps après, Guillaume Vanier s'établit à Québec où il épouse, le 5 juillet 1672, Madeleine Bailly, née à Paris en 1647, fille de Guillaume Bailly et de Barbe Cellier. Six enfants naissent de cette union entre 1673 et 1687. On retrouve la famille Vanier à la basse-ville de Québec au recensement de 1681. A partir de 1684, on le retrouve à Charlesbourg. Guillaume Vanier est inhumé à Montréal le 27 août 1687 à la suite d'une blessure mortelle qu'il s'infligea avec son fusil en revenant de la guerre contre des Iroquois.
Des quatre pionniers dont nous avons présenté une courte notice biographique, seul Martin Guérard fournit la preuve de sa naissance à Honfleur. Les actes de baptêmes des autres immigrants n'ont pas été retracés par le père Archange Godbout lors de ses recherches dans les registres de catholicité de Honfleur.
Texte pris sur le site du Village de nos Ancêtres
de Planète Québec