Les villages
de nos
ancêtres
par
Marcel Fournier


Deerfield au Massachusetts,
ville d'origine
des
familles
Carter dit Chartier
French
&
Stébenne


The Old Deerfield street Avril 1998.
Deerfield sur la rivière Connecticut
Deerfield est une ville de 4 500 habitants située dans l'État du Massachusetts à environ 50 km au nord de Springfield. Ville typique de la Nouvelle-Angleterre, Deerfield est aujourd'hui une étape touristique majeure de la vallée de la rivière Connecticut. Dans la vieille partie de la ville, on retrouve plusieurs édifices des 18e et 19e siècles. Deerfield possède une Académie, une école privée secondaire, qui fait la notoriété de la ville. La ville est un véritable musée vivant de l'architecture de la période coloniale. Plusieurs maisons ont été restaurées par la Deerfield Historic Association, fondée en 1952 pour préserver le cachet du village d'antan.
L'histoire mouvementée de Deerfield
Deerfield a été fondée en 1669 par Samuel Hinsdale à la limite des territoires colonisés par les Anglais. De par sa situation stratégique, Deerfield fut le théâtre de plusieurs attaques de la part des Canadiens et de leurs alliés amérindiens en représailles aux incursions perpétrées en Nouvelle-France par les Iroquois.
Le 23 septembre 1677, les Abénaquis attaquent les villages de Deerfield et de Hartfield. Ils emmènent 23 prisonniers en Nouvelle-France. Le 6 octobre 1693 et le 16 septembre 1696, les Abénaquis attaquent de nouveau Deerfield. L'attaque la plus importante a lieu en mars 1704 alors que Jean-Baptiste Hertel de Rouville, à la tête de 250 soldats canadiens et amérindiens, porte un assaut fatal aux habitants de Deerfield. La ville fut incendiée, une cinquantaine d'habitants furent tués et 111 prisonniers sont emmenés en Nouvelle-France. Parmi les prisonniers, des femmes et des enfants en majorité, soixante ont été libérés à la faveur des traités tandis que les autres se sont établis volontairement au Canada.
Les captifs anglo-américains
Parmi les captifs faits prisonniers lors de l'attaque de 1704, plusieurs enfants en bas âges ont été rachetés des Amérindiens par les Canadiens. Ces jeunes Anglais ont par la suite été élevés dans des familles canadiennes et sont devenus, pour la plupart, d'authentiques citoyens français suite à leur naturalisation en 1710 ou en 1713.
Un article de fond et deux livres racontent l'histoire tourmentée des captifs anglo-américains venus au Canada en 1675 et 1760. L'auteure américaine Emma Lewis Coleman a publié en 1925, un ouvrage majeur sur l'histoire des captifs "New England Captives Carried to Canada between 1677 and 1760 during the French and Indian Wars". Pour sa part, Marcel Fournier a publié, en 1992, "De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France", un ouvrage historique et biographique de premier plan sur le même sujet. Enfin, Bart McDowell a présenté un excellent article sur Deer-field et son histoire dans le "National Geographic" de juin 1969, vol. 135, No 6
Les captifs de Deerfield
Parmi les nombreux captifs originaires de Deerfield demeurés en Nouvelle-France, voici les notices biographiques d'un d'entre eux. Les notes qui suivent sont tirées intégralement du livre "De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France" publié par la Société généalogique canadienne-française en 1992.
John Carter
est né le 22 septembre 1695 à Deerfield, comté de Franklin au Massachusetts de l'union de Samuel Carter, décédé en 1728 et d'Hannah Wheeler (l675-1704). Ses parents s'étaient mariés en Nouvelle-Angleterre vers 1690. Le 11 mars 1704, lors de l'attaque de Deerfield, Hannah Wheeler et quatre de ses enfants sont tués alors que Samuel Carter est à l'extérieur du village. Samuel, 12 ans, Mercy, 10 ans et John, 8 ans sont amenés au Canada par les Iroquois de Kahnawake. John Carter est racheté par Jacques Vaudry de Pointe-aux-Trembles quelques années plus tard. En mai 1710, John Carter obtient sa nationalité française. Le 29 octobre 1718, il épouse à Rivière-des-Prairies, Marie Courtemanche, née en 1691, fille d'Antoine Courtemanche et de Marguerite Vaudry de Montréal (c. J.B. Adhémar, 27-10-1718). Agriculteur à Rivière-des-Prairies, John Carter et son épouse donnent naissance à sept enfants entre 1723 et 1729. Le 31 janvier 1724, John Carter est baptisé à Rivière-des-Prairies sous le nom de Jean-Joseph Charetier. En 1727, il quitte Rivière-des-Prairies pour s'établir à Saint-Antoine-sur-le-Richelieu. Son épouse décède dans cette paroisse le 18 novembre 1760. John Carter décède lui aussi dans cette localité le 4 août 1772 à l'âge de 77 ans. Variation du nom: Charetier (b et m) Chartier (nat.)
Martha French
est née le 22 mai 1695 à Deerfield, comté de Franklin au Massachusetts de l'union de Thomas French, forgeron et greffier (1657-1706), et de Mary Catlin, décédée en 1704. Ses parents s'étaient mariés à Deerfield le 18 octobre 1683. Le 11 mars 1704, Martha French est faite prisonnière avec sa famille lors de l'attaque du village de Deerfield par les Français et les Amérindiens. Amenée au Canada, elle demeure chez les Indiens pendant près de deux ans avant d'être rachetée par Antoine Pacaud, marchand de Montréal qui la confie à la congrégation Notre-Dame. Le 23 janvier 1707 elle est baptisée sous le nom de Marthe-Marguerite French à Montréal. Son parrain est François Clairambault et sa marraine Marguerite Bouat, épouse d'Antoine Pacaud. Après avoir obtenu sa nationalité française en mai 1710, Martha French épouse à Montréal le 24 novembre 1711, Jacques Roy dit Lambert, né en 1688, fils de Pierre Roy et de Catherine Ducharme, (c. Lepailleur, 22-11-1711). Dès son mariage le couple Roy s'établit à Montréal où il demeure jusqu'en 1728, année où on les retrouve à Saint-Laurent. Dix enfants naissent de cette union entre 1714 et 1729. A la suite du décès de Jacques Roy avant 1730 (acte perdu), Martha French épouse en secondes noces à Saint-Laurent, Jean-Louis Ménard, tisserand, né en 1702 à Saint-Omer en France de l'union de Jacques Ménard et de Marie-Anne Leroy, (c. Adhémar, 03-05-1733). Trois enfants naissent de cette seconde union entre 1734 et 1738. Jean-Louis Ménard décède à Saint-Laurent le 11 avril 1760. Martha French décède à Montréal le 2 mai 1762. Variation du nom: Frenche (m), Finn, et Frens (nat.)
Joseph STIBBINS
est né le 12 avril 1699 à Deerfield, comté de Franklin au Massachusetts de l'union de John Stibbins (voir ce nom) et de Dorothy Alexander (voir ce nom). Le 11 mars 1704, il est fait prisonnier lors de l'attaque du village de Deerfield en Nouvelle-Angleterre. Amené en captivité, il demeure avec ses parents à Montréal. On n'a pas retracé son acte de baptême dans les registres de la Nouvelle-France. En 1714, lors du départ de ses parents, il décide de demeurer au Canada. En novembre 1734 (acte perdu), Joseph Stibbins épouse à Chambly, Marguerite James dit Langlais, née en 1715, fille de Guillaume James et de Catherine Limouisin (c.s.s.p. déposé chez Me Loiseau le 15-11-1734). Agriculteur, Joseph Stibbins a quatre enfants entre 1735 et 1753. Joseph Stibbins décède à Saint-Mathias le 23 avril 1753. Sa femme épouse en secondes noces, Jean-Baptiste Ménard à Chambly le 25 janvier 1761. Variation du nom: Stebbens (Jetté),

Texte pris sur le site du Village de nos Ancêtres
de Planète Québec